Cycle de conférences - Du Corps franc Pommiès au 49e RI



Dans le cadre des conférences qui s'appuient sur les thèmes historiques relatifs à ma saga familiale, 
"Du Corps franc Pommiès au 41e RI" constitue le premier volet fondé sur les actions de cette unité de combat créée en 1942 et composée
de volontaires majoritairement issus du Sud-Ouest.

Le contexte

La France subit l'occupation allemande suite à l'armistice signé le 22 juin 1940 et la ligne de démarcation nord-sud est instituée, qui traverse treize départements : Ain, Jura, Saône-et-Loire, Allier, Cher, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire, Vienne Charente, Dordo-gne, Gironde, Landes et Basses-Pyrénées.

Cependant, et dès cette date, des noyaux de résistance se créent dans les régions qui sont placées, en mars 1944, sous l'autorité du général Koenig, lequel a été nommé Délégué militaire en Angleterre du "Comité d'Action en France".
Le Corps franc évolue, sous le commandement du capitaine Pommiès - dit "le Bordelais" - sur le territoire des 17e et 18e divisions militaires du Sud-Ouest. Aux volontaires issus de cette région se sont agrégés des combattants espagnols républicains, réfugiés de la guerre civile gagnée par Franco, et des Italiens en rupture du régime fasciste de Mussolini.

Les forces françaises et les résistances en France



L’armée d’Afrique : il ne s’agit pas d’une appellation institutionnelle. Elle désigne les troupes stationnées en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Elle est sous l’autorité du gouvernement de Vichy qui l’arme et l’entretient. Les effectifs totaux de l'armée d'Afrique, incluant les troupes coloniales, ont atteint près de 200 000 hommes en 1942.

Weygand, Darlan Giraud, Juin sont fidèles au gouvernement de Vichy tout en refusant toute collaboration militaire avec l’Allemagne en Afrique et en affirmant que les troupes « feraient loyalement leur devoir contre tout agresseur, quel qu'il soit ». Y compris les Alliés lors du débarquement en Afrique du Nord et dont Alphonse Juin ne sera pas tenu informé alors qu’il avait des contacts avec le consul américain à Alger.

Bataille de Kouffra (Libye) : le colonel Leclerc défait la Compagnie saharienne italienne et prononce le serment de Kouffra « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flot-teront sur la cathédrale de Strasbourg. »

Ce qui sera fait avec la 2e DB le 23 novembre 1944.

Les accords Darlan-Clark 


Les Américains privilégient le général Giraud dont la vision uniquement militaire de la victoire leur va mieux que la vision gaullienne de la victoire couplée à la reconstruction de la France qui dérange les ambitions territoriales américaines sur l’ex-empire français.

Le Corps franc Pommiès



Mon père s'est engagé à l'âge de 19 ans. Il participe aux coups de main et aux embuscades contre l'armée allemande dans le cadre de l'insurrection générale ordonnée depuis Londres. De juillet 1944 à février 1945, il prend part à la reconquête du territoire qui mènera le Corps franc Pommiès à la libération d'Autun, en Bourgogne, puis à la bataille des Vosges et d'Alsace, enfin à la prise de Stuttgart et à la capitulation de Berlin.

La bataille d'Autun



Cette bataille, que de Lattre nomme dans son livre Histoire de la première armée française "la grosse affaire d'Autun", a été un événement tragique tant dans sa dimension suicidaire du fait des premiers choix militaires qu'en termes de victimes.
L'assaut des bataillons Valmy a été volontairement anticipé par le commissaire communiste Marcel Asmus dit "Dupré" afin de recevoir lui-même la reddition des Allemands au nom de la direction générale FTP de Dijon.



Dialogue père - fils :

-  Tiens, c’est moi là, accroupi au deuxième rang à gauche. Et là, marqués d’une croix, ce sont mes deux potes bayonnais Camille et Pierrot. Il manque Robert, le quatrième…

-  Mort ?

-  Non, heureusement… il devait encore traîner près de la cantine mobile…

Il sourit à cette évocation, un sourire que son regard transforme en un pincement des lèvres.

-  Nous venions de libérer Autun. Un sacré engagement terminé au corps à corps… Nom de nom ! quel combat. Trois jours d’enfer contre quatre ou cinq mille chleus aux abois et donc encore plus redoutables. A la fin, trois mille se sont rendus… Quand nous avons découvert qu’ils avaient exécuté les prisonniers du régiment Valmy, nous avons eu des envies de meurtre.

Le ton n’est plus de colère, il marque un temps de réflexion. Dans sa tête doivent resurgir les images dures des traques mortelles, des assauts sanglants. Et les cris de rage, les râles, les chants parfois pour se donner du courage.


La bataille des Vosges



et la libération de l'Alsace




La libération de Berlin

Le 12 avril, le 1er bataillon prend ses quartiers à Kleinsachsenheim où est installé le PC du 49e RI. Après Lôchgau, c'est au tour de Kleinsachsenheim de recevoir des salves d'obus meurtrières.


Le chasseur Saubadine est pris sous d'incessants tirs d'artillerie. Il s'accroche à son poste et continue à assurer les liaisons entre les troupes engagées. 

De Spire à Stuttgart, le 49e RI a capturé de l'ordre de 400 soldats allemands et mis la main sur un très important matériel militaire (arsenal et logistique).

Dans la nuit du 20 au 21 avril 1945, le 49e RI entre dans Stuttgart. La route vers Berlin est ouverte.



Durant les douze derniers mois de la guerre, Berlin a subi 314 bombardements aériens. 40 % des bâtiments sont détruits.


L'état-major allié.                                 de gauche à droite : 
- le général Augustin Guillaume commande les goumiers marocains lors de la campagne d'Italie et du débarquement en Provence, puis effectue les campagnes de France et d'Allemagne à la tête de la 3e division d'infanterie algérienne.
- le général Mark Wayne Clark commande la 5e armée américaine lors de la campagne d'Italie, puis d'Allemagne. A été le plus jeune général de division de l'US Army.
- le général Jean de Lattre de Tassigny, commandant de l'armée B - qui deviendra la1re armée en 1944 -, prend part au débarquement en Provence. Sont mis sous ses ordres les quatre divisions du 4e Corps d'armée américain du général Wilburn, faisant de lui le seul général français à commander des unités US. Il représente la France lors de la signature de la capitulation de l'Allemagne à Berlin le 8 mai 1945.
- le général Jacob Loucks Devers commande le 6e groupe d'armée qui compte 12 divisions américaines et 11 divisions françaises lors de la libération de l'Alsace, puis de la marche sur Berlin.
- le général Joseph de Monsabert s'illustre pendant la guerre de 14-18 et reçoit la Légion d'honneur. Commandant du 2e Corps d'armée en 1944, il participe à la prise de Stuttgart et devient le premier commandant supérieur des troupes françaises d'occupation en Allemagne. Après guerre, il devient député des Basses-Pyrénées jusqu'en 1955.                     



Les prises d'arme se succèdent pour le 49e RI. Ici dans Mullerstrasse, passage en revue par le lieutenant-colonel Pommiès et le général Koenig. C'est ce dernier qui, un mois auparavant le 26 avril 1945, avait procédé à l'arrestation du maréchal Pétain à la frontière suisse et à son enfermement au fort de Montrouge.  


"En avant toujours !"

Le 12 août 1945, le 49e RI prend ses quartiers dans Berlin.


Sur la période d'Autun à Berlin, le Corps franc Pommiès a enregistré 201 tués et 9 disparus.

Les hommages ont été rendus à ces combattants volontaires pour leurs actions aussi téméraires que risquées.

 

Ce récit s'appuie sur les photos et les documents personnels qui rendent compte de la réalité 
historique au travers de l'engagement de mon père dans le CFP à l'âge de 19 ans. Il nous avait confié par la suite : "J'avais soif de me battre, ils l'ont transformée en soif de combattre."

Ce témoignage constitue le remède à l'oubli et répond aux falsificateurs qui tenteront, une fois tous les témoins disparus, de tordre ou de nier les faits, d'arranger ou d'édulcorer l'histoire par ignorance, idéo-logie, duplicité ou escroquerie.





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